Chronique des Actus

 

 

Pour mémoire 12 : hivernales 2025

 

Le 6 janvier : Mort de Jean-Marie Le Pen.

Le 8 : Sortie du film « On n’y comprend rien » d’après l’enquête menée depuis 2011 par des journalistes de Médiapart, ayant à ce jour abouti au procès qui débute de Nicolas Sarkozy pour le financement occulte via la Libye de sa campagne de 2007 et autres chefs d’accusation dont « association de malfaiteurs » : une première pour un ex- président de la République qui, chose étrange, trouvait encore il y a peu de jours à s’exprimer sur des plateaux télévisés pour mettre en cause les juges, les magistrats, l’appareil judiciaire qu’en effet il n’est pas parvenu à détruire durant son mandat : n’a-t-il pas voulu supprimer les juges d’instruction (indépendants) ?

Le 15 : ACCORD de cessez-le-feu entre le Hamas et l’État d’Israël, qui prévoit la libération de 33 otages contre celle de mille prisonniers palestiniens. Quid de l’accès à la bande de Gaza pour les humanitaires, les journalistes, ou simplement les vivres et les médicaments ?

Le 16 : le PS se désolidarise des autres groupes du NFP et ne vote pas la censure du gouvernement Bayrou. Attendons la proposition qui sera faite d’un austère budget.

Le 20 janvier : lors de l’investiture de Donald Trump, l’évêque épiscopalienne de Washington a appelé le 47ème président des U.S.A. à la miséricorde envers les personnes LGBT, migrantes ou étrangères en général, ce que Donald a trouvé « méchant » et pour quoi il a demandé des excuses...qu’il pourra attendre longtemps.

Son ministre Musk attribue à un autisme de type Asperger (autodiagnostiqué et curieusement admis par l'opinion) le geste qu'il a eu s'apparentant à un salut nazi.  Tollé. Cela insulte en outre les autistes, leurs familles et soignants, la psychiatrie, etc...

1er trimestre 2025 : La folie exerce désormais son pouvoir dans un cadre officiel.

Le président américain veut faire de Gaza une Riviera future, une fois le territoire débarrassé de ses habitants et les ruines déblayées.

Il suspend l’aide militaire à l’Ukraine. Invité à la Maison Blanche pour négocier la vente de terres rares, Volodymyr Zelensky s’est fait injurier publiquement par Donald Picsou et son adjoint Vance. C’est la première fois qu’un chef d’État en visite officielle se fait insulter face caméra. Oui, le représentant élu de la nation ukrainienne s'est fait traiter en garnement et moins que rien par la doublette de Washington : "vous n'êtes pas en mesure de discuter, vous devriez dire merci...".

La même équipe gouvernementale a augmenté de 10 à 25 % les taxes sur les produits d’importation du Canada, du Mexique, d’Europe...bref sur les partenaires et alliés directs. Les mêmes envisagent d’annexer le Groenland et le Canada.

Les groenlandais.es viennent d’élire par conséquent une assemblée législative déterminée à son indépendance et opposée à toute ingérence. Les canadiens ont appliqué des mesures de rétorsion.

La République sud-africaine, experte en souvenirs d’apartheid, a dénoncé la ségrégation selon des catégories ethniques racialisées aux U.S.A. Les ambassadeurs respectifs des deux nations ont été rappelés.


France : suite à l’abandon programmé de l’Ukraine par les U.S.A., c’est un budget d’austérité entièrement dirigé vers la défense que le gouvernement Bayrou a exposé. Beaucoup de verbiage européen pour défendre l’Ukraine. Des mesures aussi : la rigueur budgétaire, dogme sacré de lutte contre l'inflation, systématiquement avancé lorsqu’il s’agit de s'opposer à des mesures qui combattent  la pauvreté croissante, cette rigueur budgétaire  sacralisée devient caduque lorsqu'il s'agit de prêter à l'Ukraine et de la fournir en armement.

Par ailleurs le même Bayrou a soutenu l’école de Notre-Dame de Betharram dès les années 90 bien qu’il ait su (130 plaintes) que des violences y compris sexuelles y étaient pratiquées. Silence.

Le 19 mars : Les frappes sur Gaza ont repris, 400 morts. Israël vide aussi les camps de réfugiés en Cisjordanie, à Jenine en particulier.

Cessez-le-feu partiel et temporaire en Ukraine.

Le 20 mars : Donald a proposé à Volodymyr que l’Ukraine cède aux U.S.A. ses centrales nucléaires.

Au-delà de l’aberrant, il me semble que cela témoigne de la vision du monde – des réalités de ce monde – selon Donald et autres libertariens de son acabit : pour qui situe notre planète et ses habitants dans une géographie, une histoire, une écologie sociale, de tels propos relèvent tout simplement de la déraison. Mais pour qui prend le monde comme un immense Las Vegas où les champions de poker doivent empocher la mise, c’est au contraire très cohérent : j’achète un bout d’arctique, je le troque contre une parcelle nucléarisée que je mise (at stake) face à une voie de communication, canal de Panama par exemple, et le monde sans peuples ni nature est un tapis vert, sans plus d'histoire ni de géographie, sans écosystème non plus. Hybris d'une création ex nihilo où la volonté du plus fort devient de facto performative.

Parmi les projets de Donald,  conquérir Mars pour la rendre habitable et y transférer des individus humains. "Quousque tandem..."

Bref, à propos de mars, on est entré ce jour dans le printemps astronomique. Fin de l'épisode 12. 

 

 Pour mémoire 11

Octobre à décembre 2024

1er octobre : Michel Barnier, chef du gouvernement, a présenté son programme devant l’assemblée. Il a d’abord manifesté sa surprise devant les cachotteries de son prédécesseur aux finances qui laisserait un abîme encore bien plus colossal que la situation connue. Ledit ex-ministre des finances va enseigner (je dis bien enseigner et non étudier) l’économie en Suisse.

Quant au gouvernement des perdants, il va revenir -un peu- (devant le gouffre budgétaire) sur le dogme macronien d’épargner aux plus riches les hausses d’impôt. Le trou doit être comblé par de nouvelles recettes, et pour environ un tiers, ce seront des prélèvements sur les plus hauts revenus. Pour un tiers seulement. Pour les deux autres tiers, les économies seront faites sur les budgets des services publics : santé, éducation, justice, aides sociales, etc...tout sauf les armées.


7 octobre : il n’est plus guère question de la Russie, de l’Ukraine ni du reste du monde : après les frappes sur Beyrouth et les réactions iraniennes, il n’y a plus que la guerre qui se généralise au proche Orient.

Les printemps arabes sont loin : l’autoritaire président tunisien vient d’être réélu avec 89 % des suffrages…parmi moins de 30 % de votants.


20 novembre : beaucoup de temps a passé, entre horreur et sidération. Le candidat républicain Trump a été élu futur président des U.S.A., préparant des coupes sombres dans les budgets publics et une lutte acharnée contre les immigrants et les pauvres. La question reste ouverte en politique étrangère : fera-t-il pire que Biden ?

Notre président a lui reçu le libertarien argentin Milei qui a jugulé l’inflation en supprimant des services de l’État, en multipliant les chômeurs et la pauvreté.

Ici, le budget 2025 suppose des ventes d’entreprise, des fermetures en nombre, la misère qui galope chez les plus précaires.

Les condamnations demandées à l’issue du procès du RN seront-elles appliquées ?

Le néolibéralisme défend bec et ongles ses options contre la sobriété écologique, pour le dérèglement systématique des économies, de multiples services ferment (centre de santé, de soin ou dentaires par exemple), des écoles ne sont plus dotées, des communes protestent contre l’absence de ressources qui rend leur gestion impossible.

Cela ressemble au début de la fin : mais fin de quoi ? Du système aberrant qui domine ? Il semble au contraire gagner en puissance. Fin de l’État de droit alors et des équilibres qui ont prévalu depuis la fin de la seconde guerre mondiale ?

Ce serait alors le début d’un gigantesque asservissement.

2 décembre : les rebelles syriens ont repris Alep aux forces loyales à la dictature de Bashar El Assad.

Coupes budgétaires dans les universités : l’ensemble des universités de France décide d’une journée de mobilisation (demain) avec fermeture. À suivre…


Le gouvernement se dirige vers le 49-3 pour faire passer le budget. La censure serait cette fois-ci possible. On parle aussi de démission du président de la République. LFI envisage une procédure de destitution.


4 décembre : une motion de censure adoptée à l’Assemblée Nationale a mis fin au gouvernement Barnier. Le Président de la République s’exprimera demain. Il y a deux cents ans Napoléon se faisait (le 2) sacrer à Notre-Dame.


8 décembre : Les autorités syriennes, qui hier encore niaient toute intention de fuite, se sont envolées pour quelque part...on ne sait encore où. Mais les forces rebelles, qui ont repris Alep il y a moins d’une semaine, étaient déjà aux portes de Damas. Certaines sources disent que la guerre en Ukraine mobilise à ce point la Russie qu’elle ne peut défendre son allié syrien et a laissé le dictateur a son triste sort.

Parmi les troupes constituant cette opposition armée, il y a des composantes nettement islamistes, il y en a aussi pas mal d’autres, dont les forces démocratiques du Rojava (ouest du Kurdistan hypothétique).

Pendant ce temps, Lyon fête les Lumières pour le tourisme, en souvenir lointain ou perdu d’une grâce mariale supposée, et Paris va connaître les cérémonies officielles de réouverture de Notre-Dame. Un nouveau sacre ? Une fuite en avant ? Tout est en ordre, sauf le budget, sauf le gouvernement absent, sauf les capitaux en vadrouille et les dirigeants en fuite…

2024 ressemble beaucoup, avec ses Jeux et Fêtes, à une fin de partie. Mais laquelle et pour aller vers quoi ?


13 décembre : alors que plusieurs pays d’Europe occidentale s’empressent de renvoyer dans leur pays fraîchement libéré « leurs » réfugiés syriens, Israël profite de l’affaiblissement provisoire de l’État syrien pour étendre son occupation sur le plateau du Golan.

En France, notre président a ce jour nommé sans tarder un nouveau premier ministre. Comme la force arrivée en tête aux élections législatives a un programme qui ne lui convient pas, loin de tenter une cohabitation, il a nommé à ce poste le leader du Mouvement Démocrate : actuellement 30 députés au sein de la minorité présidentielle (sur 477). Vers quoi se dirige-t-on ? Se dirige-t-on, d’ailleurs, vers quoi que ce soit de rationnel et de viable ?


24 décembre : les meilleures choses ont une fin, et le suspens insoutenable quant à la formation du nouveau gouvernement s’est achevé hier, à la fin d’une morne journée. Nul ne s’attendait à un réel changement de politique, les macronistes se recroquevillant sur leurs derniers soutiens et ménageant l’extrême-droite pour éviter une nouvelle censure ; mais au moins pouvait-on espérer un souffle nouveau, l’apparition de têtes neuves, quelque déclaration inattendue. Las ! Le seul fait a été le renoncement public de Xavier Bertrand (LR) qui s’opposait ainsi au chantage du Rassemblement National. Sinon, M. Bayrou a recyclé de l’ancien (l’infâme Darmanin passe à...la justice, l’ex-premier ministre Borne se retrouve à l’ ÉducNat, Lecornu etc....Il a même racolé du très ancien, l’ex-pseudo socialiste Manuel Valls, traître à toutes les causes et à toute parole, depuis allié à l’extrême-droite en Catalogne pour continuer à figurer quelque part, s’est vu offrir un ministère d’État, celui de l’Outre-mer en pleine crise de Nouvelle-Calédonie et surtout après le catastrophique cyclone sur Mayotte...où la réponse de la République aux victimes et au désarroi des survivants est l’expulsion des étrangers.

Rien que du très vieux recyclé, qui dans tout autre pays aurait dès longtemps disparu de la scène politique après avoir fait son temps ou perdu. Aujourd’hui en France, outre les affaires, les procès et casseroles qui suivent la plupart des ministres, ce sont aussi parmi d’anciens perdants qu’ils sont choisis, par un premier ministre dont le parti ne totalise même pas 8 % de la représentation à l’Assemblée Nationale. De la sorte, le gouvernement tant attendu apparaît moisi avant même sa naissance, comme un fond de tiroir ou de poubelle humide où seraient raclées les dernières miettes.


On croit toujours avoir touché le fond, mais non : quand démissionne le franchouillard xénophobe Collomb, c’est pour laisser place au violent Castaner, à l’arriviste froid Darmanin puis à l’extrême-droitier Retailleau ; quand maître Dupont-Moretti s’en va, après plusieurs bras d’honneur adressés aux représentants de la Nation, c’est pour que surgisse le diablotin Darmanin qu’on imaginait mieux en garde-chiourme qu’en garde des Sceaux. Alors que tout semble s’enliser, voici que de la vase du marécage l’hydre sort une nouvelle tête, ou plutôt une vieille tête que l’on avait oubliée et que l’on croyait disparue : on n’avait pas compté avec l’arrivisme éhonté des charognards qui non contents de s’être naguère gavés de gibier frais cherchent encore à se nourrir des dépouilles corrompues de leur action passée.

Voici enfin que les Fêtes approchent, imminentes, et je suspends ces rappels du présent jusqu’à l’année prochaine. Prise de distance salutaire dans une atmosphère de plus en plus insalubre.

 

Pour mémoire 10

Septembre 2024

Le 4 : il y a 154 ans tombait le second Empire et la République était rétablie.


J’apprends ce jour que les assignations à résidence, dont tout le monde pouvait comprendre de quoi il s’agit, ont été remplacées par des « Micas » : Mesures Individuelles de Contrôle Administratif et de Surveillance. Sigle et longue expression échappant au sens commun. Ce qui échappe aussi au sens commun, c’est que le ministre de l’intérieur démissionnaire ait décrété 150 Micas pendant les J.O., contre des personnes n’ayant jamais eu affaire avec la justice. Délit d’opinion contre lequel s’élèvent plusieurs avocats de victimes de Micas décrétées par un ministre officiellement chargé d’expédier les affaires courantes, et rien d’autre.


Le 24 août un attentat a été commis contre la synagogue de La Grande Motte, un suspect arrêté le 28 a reconnu les faits. Or j’apprends ce 4 septembre que le Grand rabbin de France a tenu pour responsable La France Insoumise. Il a dit « n’avoir pas à rougir » de l’actuelle destruction du territoire de Gaza ni de l’élimination de la population qui y vit. Deux organisations juives ont porté plainte contre le Grand rabbin ainsi que des membres de LFI et le conseil français du culte musulman (CFCM) pour « apologie de crimes de guerre ».


Le 5 septembre : un premier ministre a été enfin nommé ! Stupeur : il s’agit de l’ex-commissaire européen Michel Barnier, membre d’un parti arrivé 4ème aux élections législatives ! Perdant du scrutin avec 46 députés sur 577 contre 61 en 2022. Pour la première fois depuis qu’existe la Vème République, ce n’est pas parmi le premier parti ou groupe choisi par les électeurices qu’un.e premier ministre est désigné.e, mais précisément au sein de ce que les électrices et électeurs ont refusé. Que peut-il advenir d’un tel désastre républicain et démocratique ? Une guerre civile, une dictature « officielle » puisque l’actuelle est déguisée sous couvert d’institutions bafouées chaque jour ? Si ce n’est pas à proprement parler une dictature, c’est le règne de l’arbitraire qui déstabilise les consciences et la raison : nous avons perdu ? Faisons comme si de rien n’était, continuons comme avant, un peu plus à droite si possible quand un nombre plus élevé d’électrices et électeurs votent à gauche. Le pays nous rejette ? Continuons comme devant notre parade bien policée bien huilée, affichons le mépris des urnes et sourions. Sourions. Sourions….


Ce même jour, l’association Anticor qui avait perdu depuis un an son agrément, l’a retrouvé : condamné par la justice à 1000 euros d’amende par jour, l’État en la personne de Gabriel Attal (premier ministre démissionnaire) a fini par signer l’agrément qui permet à cette association de dénoncer / poursuivre en justice (« ester » disent les spécialistes) les justiciables convaincus de corruption.

30 septembre : après qu’Israël ait attaqué le Hezbollah au sud Liban et tué son leader, les frappes se sont poursuivies sur Beyrouth, capitale d’un pays jadis nommé la Suisse du proche orient, désormais punching-ball des rivalités locales...Dans le même temps la bande de Gaza continue à être rasée, ce qui concrètement signifie des dizaines de milliers de morts et plus encore de blessés, tandis que les hôpitaux sont ciblés, au même titre que les écoles, universités...en somme ce qui élève l’humanité en Palestine, nation sans État.

Selon le penseur Finkielkraut et de nombreux journalistes de premier plan, s’élever contre ces massacres (par ailleurs dénoncés par la plupart des pays non européens, au sein de l’O.N.U. et aux U.S.A. même) c’est se montrer antisémite.


Grève interprofessionnelle annoncée pour le 2 octobre.


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Pour mémoire 9

Après les J.O. : notre président reçoit les groupes parlementaires : la NFP (LFI, PS, PCF et EELV + NPA) est arrivée en tête du scrutin et comporte le plus grand nombre de députés. Les partis présidentiels arrivent derrière et s’effondrent malgré le soutien de plusieurs candidats NFP qui pour barrer la route au RN se désistent pour un candidat centriste au second tour. Le RN précisément augmente son nombre de siège mais de façon limitée grâce à la stratégie de la gauche unie. Enfin Les Républicains s’effondrent et ne comptent plus qu’une cinquantaine de députés.


Fort de ces données, le président consulte tout en affirmant qu’il ne confiera jamais le poste de 1er ministre à un.e représentant.e NFP. Ni RN ajoute-t-il. Resterait donc à discuter dans le vide et former un gouvernement avec les deux partis perdants de l’élection, arrivés second et quatrième.

???

A moins que le PS n’explose et que sa fraction la plus droitière ne rejoigne les partis présidentiels – qui toutefois, même dans ce cas de figure, n’obtiendraient pas un groupe majoritaire...So what ?


Les commentateurs étrangers s’étonnent de cet irrespect démocratique, ce qui n’est pas le cas en France où tout le mal est attribué à Jean-Luc Mélenchon...Mystère !


Le gouvernement démissionne en attendant la formation d’un nouveau, et les ministres démissionnaires élu.e.s votent malgré leur fonction exécutive, ce qui permet à la candidate au perchoir sortante d’être réélue : elle seule pourrait dénoncer la fraude au règlement de l’assemblée pour invalider son élection. Cela devient franchement tortueux.

Un ancien ministre, Monsieur Cazeneuve, affirme qu’il ne faut ni élu LFI dans le prochain gouvernement, ni élément du programme LFI (qui est la base du programme arrivé en tête des élections) ni aucun député LFI à l’assemblée (c’est le premier groupe parlementaire). Des journalistes prétendus sérieux relaient cette ânerie.

28 août : début des Jeux paralympiques. Le président qui n’a toujours rien annoncé depuis plus de sept semaines relance un round de négociations avec les partis. Lucie Castets (avancée par la NFP pour le poste de 1er ministre) annonce qu’elle ne se rendra pas à ce second défilé de carnaval.

30 août : après-demain lundi, le président de la République recevra ses prédécesseurs messieurs Hollande et Sarkozy : je m’étonne que ce dernier, condamné récemment plusieurs fois, soit toujours libre de ses déplacements et reste digne d’être consulté. L’actuel président de la République recevra aussi lundi 2 septembre Monsieur Cazeneuve, celui-là même qui veut supprimer les ministres, le programme et les élus NFP – LFI surtout.

Ex-membre d’un parti socialiste déconsidéré, ayant démissionné en 2022 de ce parti pour fonder son propre groupuscule, ce monsieur Cazeneuve sera-t-il chargé de former le nouveau gouvernement contre la majorité qui s’est affirmée dans les urnes ?

Mon pays des droits de l’homme et du citoyen est bien malade.

Comme un peu partout dans le monde, je compte plutôt sur les femmes et les citoyennes pour sortir de l’injustice collective dont nous sommes frappés et qui demeurait encore impensable il y a quelques mois…

Le président de la République a demandé le prolongement de la « trêve olympique » à l’occasion des Jeux Paralympiques. Cela permet au gouvernement démissionnaire de Monsieur Attal de continuer à exercer sous prétexte d’expédier les affaires courantes. Et comme il est démissionnaire, ce gouvernement ne peut être ni censuré ni démissionné : c’est un fantôme d’exécutif qui continue à exécuter une mission qui n’est plus la sienne – 2000 décrets environ promulgués en 6 semaines.


Pendant ce temps, l’armée israélienne rase les monuments de la ville de Gaza. La population a fui, c’est apparemment la mémoire d’une vie passée qui est ainsi réduite en ruines.

Le monde entier s’en émeut. Presque le monde entier : prendre la défense des victimes palestiniennes est chez nous assimilé à de l’antisémitisme. C’est la position du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), reprise à l’unisson par les media mainstream, alors que d’autres instances et associations juives s’élèvent contre la guerre et le régime de monsieur Netanyahou – mais leur voix est étouffée, interdite.

 

Ainsi s’achève la période de vacances estivales.

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 Pour mémoire 8

 

Le 8 juillet : hier second tour des élections, une nouvelle assemblée a été élue : le ras de marée du Rassemblement National n’a pas eu lieu, le parti d’extrême droite se retrouve troisième avec 143 députés (89 en 2022). Les macronistes passent de 250 à 150, la gauche (NUPES) qui comptait 151 députés en a 178 avec le Nouveau Front Populaire. Auxquels s’ajoutent une trentaine de divers gauche et apparentés...Une soixante de républicains s’ajoutent au potentiel de la droite, souvent élus, comme certains macroniens, avec les voix de la gauche après désistement.


N’importe quel gouvernement peut tomber sous l’effet d’une motion de censure.


On apprend ce soir que le Président de la République a demandé à son premier ministre, Gabriel Attal, de rester à son poste. Il a le soutien de 150 députés / 577 et représente la 3ème force politique du pays. ???

Plusieurs leaders de droite ont affirmé qu’ils censureraient systématiquement tout gouvernement formé avec des membres de La France Insoumise (à savoir le groupe qui, au sein du Front Populaire étant arrivé en tête, a le plus d’élus). Il se trouve que la plupart de ces censeurs ont été élus grâce au désistement républicain de candidats LFI (ou d’autres du Nouveau Front Populaire), mais ça, il n’en est plus question dès lors qu’ils ou elles ont obtenu leur élection. Pas belle la démo ?

Le 10, le Président de la République a écrit une lettre aux parlementaires les exhortant à assouplir leurs lignes pour que le pays soit gouvernable. J’ai d’abord cru à un éclair de lucidité. Mais en fait, il s’agit d’un appel aux minoritaires à s’assembler pour faire face au Front de gauche majoritaire. Le calcul serait d’unir sur un trépied des macronistes, des républicains à leur droite, et à leur gauche les moins à gauche des majoritaires (en clair faire éclater le fragile Front populaire). C’est très cynique, pas forcément irréalisable, mais totalement contraire au principe démocratique qui est de se tourner en priorité vers le parti vainqueur.

Les leaders socialiste et écologiste ont tonitrué contre cet appel à la trahison pour sauver la France. En très haut lieu, on dirait qu’il est question de toutes hypothèses, sauf de prendre en compte le groupe l’ayant emporté. Pas jolie la démo ?


Le 18 : C’est le jour où doivent être élu.e.s les responsables de commissions à l’Assemblée Nationale ainsi que le ou la Président.e de cette assemblée. Exceptionnellement la CGT et quantité d’autres organismes (syndicaux ou diversement associatifs) ont appelé à des manifestations un peu partout en France pour rappeler à l’exécutif le résultat des récentes élections et rappeler aux élu.e.s les engagements du Nouveau Front Populaire. Une centaine de personnes seulement devant la mairie d’Avignon, entre le manège, les terrasses et les sonos d’artistes de la rue…

Ce même jour la Présidence de l’assemblée nationale est échue à….la macroniste sortante : le postulant de la gauche est logiquement arrivé en tête lors des deux premiers tours de scrutin, sans obtenir toutefois 50 % des voix. Au 3ème tour, où seule une majorité relative est exigée, c’est par une alliance de circonstance avec la droite pour faire barrage à la majorité de gauche que Yaël Braun-Pivet est arrivée en tête. Elle bénéficie aussi des voix de député.e.s encore ministres dans le gouvernement de transition : c’est anticonstitutionnel, mais la seule personne à pouvoir porter plainte contre cet état de fait est….le président ou la présidente de l’Assemblée Nationale.

Nous voici donc après deux mois de mobilisation et d’élections avec une victoire relative de la gauche dans les urnes conduisant au statu quo ante dans les organismes de pouvoir, dirigés par la droite dite centriste. Concrètement, les mesures antisociales visant par exemple à réduire à néant l’inspection du travail ou les temps de repos hebdomadaires des salarié.e.s s’accélèrent.

Un préavis de grève est déposé par plusieurs syndicats couvrant la période des prochains jeux olympiques : en attendant, les expulsions et limitations de circuler en Île de France et autres grandes villes vont bon train.

On entre aussi dans la période (14 juillet – 15 août) où les vacances sont les plus massives.


24 juillet : c’est bien ainsi que l’entend notre président de la République qui, juste avant l’ouverture de J.O., a laissé filtrer que quelle que soit la candidature au poste de premier ministre, il n’y aurait probablement pas de changement avant la mi-août : le gouvernement en place, reposant sur une archi minorité parlementaire tant à l’Assemblée qu’au Sénat, le resterait en dépit des résultats des récentes élections. Pour expédier, comme on le voit, les affaires courantes.

C’est pas de la démo ?

C’est en tout cas Madame Lucie Castets que le NFP a proposé unanimement pour occuper le poste de 1er ministre.


Pendant ce temps, Israël élargit son champ d’action pour sa sécurité : après le sud Liban, ses frappes concernent désormais les Houthis au Yémen…lesquels ont passé un accord de désescalade avec le gouvernement en place et s’orientent vers une unité nationale.

Pendant ce temps, Joe Biden a enfin renoncé à un second mandat : son adjointe Kamala Harris prendrait le relais de la campagne contre monsieur Trump, lequel a déjà préparé des spots publicitaires pour la dénigrer. C’est aussi dans ces circonstances qu’il est salutaire de voir le film « Le moine et le fusil » du bhoutanais Pawo Choyning Dorji.


Le 26 juillet s’est déroulée la cérémonie d’ouverture des J.O. de Paris. Thomas Jolly, qui en est la concepteur, a montré ce qu’on lui connaissait déjà : de hautes capacités de mise en scène et un engagement tenace pour des valeurs humanistes : il a réussi à mettre sur le devant de la scène à peu près tout ce que le ministre de l’intérieur vise à exclure depuis des années de l’hexagone et de la représentation nationale : artistes issus de l’immigration, chants de fraternité, ouverture sur le monde, passé révolutionnaire de la France et de Paris en particulier.

Ou bien il a réellement eu carte blanche et a mis à profit intelligemment cette ouverture, ou bien le paltoquet malveillant a tenu à montrer au monde un visage dont la France peut s’enorgueillir mais qu’il combat « en même temps » qu’il le célèbre à la face des médias : point de vue certes complotiste, mais qui n’est pas à exclure a priori au vu de la roublardise du quidam de l’Élysée.

En tout cas, tous les médias célèbrent cette surprenante cérémonie grandiose et décalée, sauf ceux pour qui le décalage « n’est pas français », « est une honte », bref : la droite extrême figée dans sa gélatine identitaire qui l’empêche de voir le monde réel.


Ce même jour et à peu près dans le même temps, plusieurs dégradations volontaires ont perturbé le trafic SNCF dans le nord du pays. Actions aussitôt imputées sans preuve à des groupes d’extrême gauche. À quoi bon attendre le résultat d’enquêtes pour lancer des accusations ? Ne vaut-il pas mieux calomnier d’abord, lancer des procès d’intention à l’aveugle ? Il en restera toujours quelque chose…


Le 5 août : alors que plusieurs dizaines de médailles viennent couronner les sportif.ve.s français.es, ce sont 94 morts qui au Bangladesh ont accompagné la fuite de madame le premier ministre. Au Royaume-Uni, ex-pays colonisateur du Bangladesh, du Pakistan, de l’Inde et autres territoires alentour, ce sont des émeutes racistes qui mobilisent divers groupes d’extrême-droite et sèment la peur chez les immigrés, les réfugiés et autres populations victimes de coups montés, voire de fake news, pour exciter les bons petits anglais contre les anciens dominés de leurs dominions.

Il paraît également que loin de la trêve olympique, l’armée israélienne multiplie ses attaques sur Gaza, le Golan, le sud-Liban, et atteint des cibles d’exception jusqu’en Iran. Loin de là mais en même temps, l’armée russe avance.


On apprend aussi que les financiers japonais ont été si gourmands qu’ils ont fait déraper la bourse de Tokyo, suivie quelques heures plus tard par les bourses européennes et Wall Street. Heureusement, la guerre qui se généralise un peu partout viendra sans doute redresser les comptes qui flageolent, espèrent les plus fortunés : comme le soutien public aux banques privées en 2008, la jeunesse des nations de 2024, celle qui rivalise aux J.O. ou se passionne pour ses champion.ne.s, sera peut-être sacrifiée pour préserver l’effondrement capitalistique mondial. Peut-être ou peut-être pas.


Le 11 août : dernier jour de J.O. Notre pays qui tablait sur 80 méduches en a récolté 64, dont 16 en or.

Hier, une centaine de personnes ont été assassinées dans le bombardement d’une école de la bande de Gaza : les terroristes du Hamas que l’armée israélienne combat ont-ils entre 6 et 10 ans ?

Place aux Jeux paralympiques.

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 Pour mémoire 7

JUIN le mois de Junon, l’été de la St Jean, les 'faites' de la musique et autres festivités…

GRANDES FOULÉES : le 9 juin aux élections européennes, l’extrême-droite a totalisé plus de 31 % des suffrages exprimés, 36 % même si on considère le délirant parti zemmourien. « En même temps » le parti présidentiel et un ersatz de PS faisaient 15 % ou un peu moins. LFI atteignait près de 10 % (9 députés au lieu de 6 dans la précédente mandature), EELV dépassait tout juste 5 % et les autres partis de gauche s’enlisaient. Quasi disparition à 7 % de la droite tradi. (LR : soit dit en passant, le leader Bellamy veut faire construire un mur tout autour de l’UE…dont chaque pays devrait consacrer au moins 3 % de son budget à la Défense : prémices d’une entrée en guerre).

L’assemblée européenne se modifie peu, l’extrême-droite progresse légèrement, au détriment des droites et coalitions, une vraie gauche se dessine, encore minoritaire (NB : après le Brexit il y a moins de député.e.s qu’en 2019) . Le PPE reste le plus important en nombre.

Quelques non inscrits en sus, et une nette opposition à Orban surgit en Hongrie. Même affaiblissement de la large coalition allemande.

- Le soir même du scrutin, le Président Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale : élections législatives dans la limite légale la plus courte : 30 juin et 7 juillet.

- Le 10 juin, réunion en urgence des groupes de gauche : Nouveau Front Populaire annoncé. Beau texte lucide, bref et clair, rédigé dans la perspective d’une campagne commune à gauche et pour un gouvernement d’union en urgence : justice sociale, paix, écologie et féminisme en première ligne.

Opposition à la politique conduite par les gouvernements Macron depuis 7 ans, détermination contre les exhortations racistes et discriminatoires des forces d’extrême droite. (À suivre…)

- Ce 18 juin reste un jour de commémoration de l’appel gaulliste à ne pas capituler. La campagne électorale est lancée depuis la veille. Le parti LR implose, une partie s’allie aux macronistes qui se présentent une nouvelle fois comme la seule opposition crédible à l’extrême-droite, dont le programme masqué, plus ou moins larvé, s’assouplit sur le plan économique pour rejoindre le libéralisme, tandis que les incantations xénophobes s’amplifient : much ado about nothing.

Le programme de la gauche unie tient en 20 pages.


28 JUIN : arrivée sur Avignon. Une candidature « front populaire » est venue pernicieusement concurrencer la candidature officiellement instituée (par le PS, EELV, le PCF et LFI + NPA) et prétend avoir le soutien de la maire (de centre gauche élue avec les voix de gauche). Impossible de savoir immédiatement si cette dernière assertion est exacte ou fausse. Mais ce qui est sûr, c’est que le candidat impromptu se disant « front de gauche » va sans doute grappiller un pourcentage suffisant de voix pour laisser le champ libre au RN, puisqu’il y aura 2 candidatures prétendument à gauche...Donc la seule circonscription du Vaucluse que la gauche pouvait emporter semble offerte à l’extrême-droite par cette infamie. Cela me semble dépasser des ego blessés, pour s’apparenter à une trahison bien réfléchie afin d’éviter qu’un candidat « jeune garde » (association de lutte active contre le fascisme) puisse accéder à la députation.

Remarque : une tentative d’assignation en référé pour empêcher que les bulletins de diversion s’arrogent le même nom que les autres a échoué : reprenant les mêmes couleurs, et les mêmes mesures d’urgence, le bulletin traître s’appelle « front populaire » et non « nouveau front populaire » : la forfaiture ne peut être constatée.


30 juin : le 1er tour des élections législatives précipitées vient d’avoir lieu, avec une participation de plus de 70 %. Pour un tiers, les votes ont été au RN. Le nouveau Front Populaire fait plus du quart. Curieusement, le centre et les droites qui ont depuis des années incliné vers des mesures d’extrême-droite (et qui en pâtissent arithmétiquement au plan des résultats) appellent à cor et à cri à faire barrage au RN.


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Pour mémoire 6

  MAI : « Le mai le joli mai en barque sur le Rhin »


- Bombardements au nord (Kharkiv en particulier. Mon correcteur orthographique est sans doute prorusse qui me suggère Kharkov).

- Bombardements au sud : concentrés début mai sur Rafah, ville frontière avec l’Égypte au sud de la bande de Gaza. Les déplacés (plus d’un million de personnes) ont été invités à se réfugier dans les zones protégées (c’est-à-dire les secteurs où les bombardements sont un peu moins intenses, puisque les zones dites protégées ne pourraient l’être que par l’armée israélienne). Malgré les alliés qui appellent à la modération, voire au cessez-le-feu, le gouvernement Netanyahou poursuit la conquête du territoire prétendu autonome et le nombre de victimes (morts et blessés mais aussi malades, épuisés, sans abris, etc.) augmente. Si le terme de génocide est banni en France, si le débat y est interdit même au sein des universités (où la police désormais patrouille), il est à présent largement repris au sein des instances internationales et dans la plupart des autres pays occidentaux.

- Après un excellent numéro sur l’Histoire et l’actualité des rapports Israël / Palestine, Manière de voir propose un dossier très documenté sur les migrations mondiales. Parfois (et c’est intéressant) en opposition avec le petit livre dont il est question dans ma rubrique « au gré des livres » : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde….. »


- Justement, à propos de Michel Rocard : il avait conduit il y a 40 ans une mission œcuménique en Nouvelle-Calédonie en charge d' apaiser un conflit qui avait fait de nombreux morts. Le groupe de négociateurs avait su écouter, et avait lui-même été écouté, de sorte qu’un dispositif d’autonomie, voie vers l’indépendance, avait été mis en place. Une récente disposition constitutionnelle du gouvernement a remis en cause cette évolution, et la révolte s’est embrasée sur l’île. Une visite éclair du Président Macron pour expliquer (pédagogie) à chacun ce qu’il avait à faire a « mis de l’huile sur le feu » selon les indépendantistes comme selon les loyalistes à la France.


- Le 20 mai ; le procureur de la Cour Pénale Internationale a lancé un mandat d’arrêt contre le premier ministre d’Israël et son ministre de la défense, ainsi que trois leaders du Hamas.


- Grande grève à radio France, que la ministre de la culture, reprenant une proposition de la droite sénatoriale, projette de transformer en holding : s’agit-il de donner le pouvoir à des actionnaires ? Lesquels ? Mettre toute l’information en coupe réglée, et les spécificités musicales et culturelles aussi ? Évincer le peu qui reste de pensée libre et de journalistes dérangeants ?


26 mai : l’aviation israélienne a bombardé un camp de tentes de réfugiés palestiniens. Oui, ceux-là même à qui le gouvernement israélien conseillait d’abandonner Rafah pour s’abriter ailleurs : trente morts.


- La Norvège, le Portugal et l’Irlande ont reconnu l’État palestinien. Israël tempête : puisqu’on vous dit que ces gens-là n’existent pas ! Ce sont des animaux dans un désert d’hommes.


- Ce n’est pourtant pas l’avis de Monsieur de Villepin qui fut ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du président Chirac (homme de droite, faut-il le rappeler). Ce dernier jour de mai, je viens de recevoir le numéro de juin du Monde Diplomatique (mensuel de gauche, faut-il le rappeler, mais surtout indépendant et se fondant sur l’examen des faits et leur mise en perspective historique). Le premier article à la UNE est signé donc de M. de Villepin et s’intitule :

« La guerre n’est pas le plus court chemin vers la paix ».

Car l’homme a aussi le sens de la formule.

Je me réjouis (les occasions sont si rares) que l’exigence intellectuelle l’emporte ici sur des alignements partisans. C’est quelque chose de l’ordre de l’intégrité, de l’honnêteté, qui contraste avec les simplifications des « punchlines » de tous les faiseurs d’opinion.

Veuillez agréer, Monsieur de Villepin, mes très profondes, très humbles et très respectueuses salutations, auxquelles je ne puis qu’associer le comité de rédaction et les responsables éditoriaux du Monde Diplomatique.

 

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Pour mémoire 5

AVRIL

- Bombes au sud...[et un peu plus à l’est]

- Bombes au nord...[et un peu plus à l’ouest]


Le mois a bien commencé : pour fêter bientôt six mois de guerre à Gaza, le chef de l’État israélien a décidé de frapper ce premier jour d’avril l’ambassade d’Iran en Syrie : de quoi transformer la tragédie locale en conflit international élargi à tout le moyen-orient, voire au-delà.

Ce n’est que plusieurs jours plus tard que la République islamique d’Iran, qui ne pouvait laisser cet affront sans réponse, a répliqué (de façon relativement circonspecte) en envoyant des missiles frapper le plateau du Golan. Ce qui a permis à la presse occidentale, presque à l’unisson, d’affirmer que l’Iran attaquait le territoire israélien : deux contre-vérités : 1) le régime inquiétant des mollahs a en l’occurrence montré de la retenue en répliquant modérément à la destruction de son ambassade qui a fait treize morts, et aux attaques sur le sud Liban visant le Hezbollah. 2) Jusqu’à preuve du contraire, le plateau du Golan fait partie des territoires occupés par Israël et non de son territoire internationalement reconnu.


Il semble de plus en plus clair que le premier ministre Netanyahu ne répugnerait pas, sous prétexte de défense, à embraser la région ou toute une partie du monde. Est-ce seulement pour échapper aux poursuites judiciaires qui le pressent ? Malgré le cynisme dont témoigne sa carrière politique, je ne peux croire que cet homme, qui traîne dans son sillage de multiples plaintes, dirige la politique de son pays dans le simple but de s’épargner la case prison. Il y a tout de même, en Israël comme à l’extérieur, pas mal de monde pour le suivre encore.

Comment et à quel titre justifier alors l’inexistence d’un peuple (palestinien) connu pour ses poètes, ses intellectuels, ses musiques et ses chants ? Comment le faire disparaître, l’invisibiliser ?

Le fondre dans un amalgame composite tenu pour intrinsèquement hostile semble une méthode parmi d’autres. Netanyahu se présente comme seul rempart (de l’occident?) face au monde arabe, ou arabo-persique, ou musulman, on ne sait plus trop, et voue dès lors sa nation au sacrifice. Tout en sacrifiant concrètement des vies aussi bien israéliennes que gazaouies, iraniennes ou autres…

Qu’est-ce qui importe en définitive dans cette orgie sacrificielle ? Réduire les opposants ? Faire de l’état de guerre un mode d’être naturel ? Prétendre à une suprématie naturelle ou divine ?

Ces conceptions aussi floues que discutables ont tout de même l’air plus profondes que les soucis juridiques d’un vieux politicien roublard et retors.

Cependant ne résonnent-elles pas, aussi, comme de vagues prétextes ?

Quel esprit éclairé irait délibérément frapper l’ambassade d’un pays non-belligérant, quelque inquiétantes que soient par ailleurs ses dispositions politiques ?


Depuis, en France, plusieurs meetings de soutien au peuple palestinien ont été interdits. Une plainte a été déposée contre une candidate figurant sur une liste pour les élections européennes pour « apologie du terrorisme ». Cette juriste française renommée sur le plan international a le tort d’avoir une origine palestinienne. Il s’agit en l’occurrence de semer le doute sur son identité française, et au-delà de discréditer globalement le mouvement sous lequel elle se présente.

Pour la première fois sous la cinquième république, l’instrumentalisation de la Justice par la calomnie s’oppose frontalement au fonctionnement électoral démocratique des institutions.


Pourtant avril 2024 faisait converger Pessah la Pâques juive, la Pâque chrétienne et l’aïd marquant la fin du ramadan, fêtes de l’alliance, de la résurrection, de la charité selon les trois religions du livre. Cela augurait sans doute d’une ère de conciliation et d’ouverture. Il n’en a rien été.


24 avril : plus de 600 signalements auraient été recueillis entre le 7 octobre et décembre 2023 pour des propos visant à la défense du peuple palestinien, et dans ce cadre la présidente du groupe LFI à l’assemblée nationale, après la candidate aux élections, vient à son tour d’être convoquée par la justice. Il ne suffit donc pas de dénoncer l’attaque du Hamas du 7 octobre : toute prise en compte de la réalité des populations palestiniennes (de Gaza, Israël ou Cisjordanie) devient passible d’une action en justice. Tout se passe comme si ces populations ne devaient pas exister : ce sont elles qui systématiquement posent problème.

Cette attitude va à l’encontre des décisions de la cour de justice internationale de La Haye, à l’encontre des positions d’Amnesty International (mouvement apolitique des droits humains, prix Nobel de la paix, qui dénonce une ségrégation de type apartheid…) mais, alors même qu’aux USA et ailleurs des voix (souvent juives) s’élèvent contre les débordements du gouvernement Netanyahu, le gouvernement français profite de la tragédie pour discréditer ses opposants.

Jusqu’à quand demeurerons-nous prisonniers de la calomnie et de la malveillance ?

Jusqu’à quand les appels à la paix et à la modération seront-ils dénaturés et ciblés, et la liberté d’expression (pacifique) bafouée ?

Jusqu’à quand continuera-t-on de parler de démocratie là où les opposants sont interdits de paroles, où même les candidat.e.s à des élections voient leurs meetings annulés ?

Le processus est simple : les opposants à la thèse des organisateurs s’agitent assez pour faire craindre un trouble à l’ordre public (en clair des exactions). Les préfet.e.s, garants de cet ordre ne s’en prennent pas à qui le menace par la violence, mais s’appuient sur le risque de troubles pour interdire purement et simplement les débats prévus, ou les prises de paroles au sein de l’espace public ou des universités...

On ne fait pas taire les chiens qui aboient mais on arrête la caravane...et puis on l’incrimine.


Dans ces conditions, d’aucuns s’interrogent sur le sens actuel du mot démocratie appliqué à la situation de notre pays.

Voyons ce que sera le joli mois de mai, à commencer par le jour de fête des travailleuses et travailleurs, par lequel se referme le mois des poissons en eau trouble et s’annoncent les futurs anticyclones...les beaux jours quoi, avec leurs lendemains qui chantent, leur temps des cerises et d’autres espoirs encore.

 

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 Pour mémoire 4

MARS

- Bombes au sud...
- Bombes au nord...
Le 2, sur France Info, on apprend que pour la première fois des avions-cargos américains ont largué au sud de Gaza l'équivalent de 38 000 repas aux populations affamées. On s'en réjouirait si la population vivante, quoique réduite, ne demeurait supérieure à deux millions de personnes. L'aide ainsi apportée représente un repas pour une personne sur cinquante. Dans le même temps, des dizaines de camions sont bloqués à la frontière avec l’Égypte. Et la radio ne dit pas si l'aviation israélienne a bombardé les rassemblements où les nourritures étaient distribuées, comme ce fut la cas deux jours auparavant.

Le 3, un dimanche : les suisses, dont on connait la propension à l'islamo-gauchisme et le mépris de leurs intérêts, ont voté à plus de 58% pour le maintien de leur système de retraites par répartition et pour l'augmentation des pensions. Ils ont rejeté dans le même temps tout report de l'âge de la retraite. Pourquoi la France n'a-t-elle pas organisé de "votation" sur ce même sujet l'an dernier ?


5 mars : TV5 monde revient sur les suites de la déclaration de notre président, prêt à "envoyer des troupes au sol" pour soutenir l'Ukraine et exhortant nos alliés à en faire autant.

a) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky "n'a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays", a dit mardi un porte-parole de la Maison Blanche, interrogé sur les propos du président français.

b) "Il n'y aura pas de troupes américaines engagées au sol en Ukraine. Et vous savez quoi? Ce n'est pas ce que demande le président Zelensky. Il demande des outils et des capacités. Il n'a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays", a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale [des U.S.A.].

c)  Après déjà une série de tensions récentes sur le dossier ukrainien, l'Allemagne n'a pas apprécié l'avertissement [ en forme de leçon ] de la France aux européens :"Nous n'avons pas besoin (...) de discussions sur le fait d'avoir plus ou moins de courage", a réagi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. "Cela n'aide pas vraiment à résoudre les problèmes".

d) Emmanuel Macron a jugé aujourd'hui à Prague "nécessaire" de bousculer les alliés de l'Ukraine, qu'il a exhortés à "ne pas être lâches" face à une Russie "inarrêtable". Le président français a dit "assumer" ses récents propos controversés sur la possibilité d'envoyer des troupes occidentales dans ce pays en guerre.

Aux informations relayées par TV5 Monde, Dominique de Villepin (diplomate éminent du parti Les Républicains, ex premier ministre et ministre des affaires étrangères) a apporté quelques précisions sur LCI :  

- Les propos de Prague ont été tenus lors d'une visite aux français y résidant, ce qui n'est pas le lieu d'une annonce internationale. L'ambiance est plutôt aux petits fours et champagne qu'aux déclarations de politique étrangère à visée militaire. M. de Villepin a conclu sur une image souriante : en matière diplomatique il est bon d'être le premier du peloton, mais pas de s'échapper.

- Toute son intervention a été marquée par cette forme d'ironie discrète mais constante. Il a estimé que les propos de notre président étaient non seulement déplacés (pas à leur place) mais inconsidérés vis-à-vis de nos partenaires. Loin des déclarations d'intention tonitruantes, il a été très précis sur ce qu'est la politique de dissuasion et sur les armements conventionnels (le nombre d'obus par exemple) que nous n'avons plus. Il ressort de cette intervention minutieuse de M. de Villepin que sans la gravité de la situation, ce serait les propos va-t-en guerre qui relèveraient du dérisoire.

C'est ainsi que l'ont pris nos partenaires, moins habitués que nous à subir et se soumettre aux vérités présidentielles.


Le 15

Mon père aurait aujourd'hui 96 ans et Jules César, mort aux Ides de mars, encore plus...

Mon père qui avait coutume de dire "Les cocos y disent pas des conneries" aurait été malheureux des récentes déclarations du secrétaire général du PCF Fabien Roussel qui fait le maximum pour diviser la gauche et pouvoir se targuer qu'il a redressé le vote communiste de 2,3 à....au moins 2,5%. 

Quant à notre président, après avoir été recadré par l'Europe et Washington, il a recausé au peuple français hier soir à la télé. Comme il avait parlé lors d'un cocktail mondain d'envoyer des soldats français sur le sol ukrainien, on craignait le pire, qui n'a pas eu lieu : il s'est semble-t-il contenté de chercher à se tirer d'affaire en disant que pour promouvoir la paix il fallait être fort (paraphrase stupide du "si vis pacem para bellum"), car la Russie menaçait la France (??) et que nous allions en conséquence tripler notre production d'obus. 

Bon : à quand l'exhortation à creuser des tranchées sous les trottoirs ? 


Le dimanche 17 : les citoyen.ne.s russes se sont rendu.e.s aux urnes. 87% ont renouvelé leur confiance à Vladimir Poutine. "Sans commentaire" évidemment.

Le 24 mars : une semaine après cette triomphale réélection, un attentat revendiqué par des groupes djihadistes a fait 144 morts et plusieurs centaines de blessés à Moscou. Le Poutine nouveau insinue sans la moindre preuve et contre les revendications en question que l'Ukraine pourrait avoir sa part au massacre, thème largement repris par les médias russes à la botte du pouvoir. (Les autres, lorsqu'ils ne sont pas morts, se font rares et discrets).

Le 25 mars : ONU : première véritable adoption (abstention et non veto des USA) d'une résolution exigeant le cessez-le-feu à Gaza. Reste à la mettre en pratique.


MARS : le mois guerrier a donc tenu la dragée haute au discourtois mois de février : guerres un peu partout...Mais outre l'Ukraine et Gaza, la plus meurtrière dans la durée semble être le conflit dont on parle moins, celui qui depuis des années déchire le Soudan et décime la population dont une large part a trouvé refuge en Égypte et surtout au Tchad, jusqu'à créer dans ce dernier pays une situation de disette.

 Avril permettra-t-il de desserrer l'armure ?

 

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Pour mémoire 3

 Du 16 au 29 février : Bombes et blocus de Gaza, toujours plus de 100 otages du Hamas détenus, bombes en Ukraine et menaces du pire.


Le 22 février
Sans commentaire, je me fais le relais d'une action de Greenpeace : Dans la nuit du 21 au 22, Greenpeace a déboulonné 5 enseignes considérées comme responsables en priorité de la crise agricole actuelle : 
- Leclerc comme représentant de la grande distribution 
- Bayer leader des pesticides
- LDC (40% de la distribution du poulet), marques "le gaulois" et "maître coq"
- Lactalis (1er groupe mondial de produits laitiers. En 2022 en France, les marges du groupe ont augmenté de 68% alors que le prix du lait payé aux éleveurs baissait de 4%).
- Avril qui à l'international développe ses activités dans les biocarburants et en France est leader des produits oléagineux avec les marques Lesieur ou Puget...Le président du conseil d'administration de ce groupe se trouve être monsieur Rousseau, également président de la FNSEA (Fédération syndicale agricole majoritaire de notre pays.
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Ce même jour j'ai pleuré : translation des cendres de Missak Manouchian et de Mélinée sa femme ("ma Mélinée mon orpheline"). Résistants étrangers panthéonisés quand on repousse et tue les étrangers d'aujourd'hui par des lois qui refusent le droit du sol, et autres choses semblables : schizophrénie meurtrière.
 
Le 23 février :
6 Césars ont été obtenus par le film de Justine Triet Anatomie d'une chute. Tant de belles choses ont été dites sur ce film exceptionnel que je n'ajouterai pas d'article au grand nombre déjà paru. Des comédiens au scénario, de la philosophie générale de l'oeuvre - qui jusqu'au bout alimente la complexité et le doute -  au  traitement méticuleux de chaque détail (par exemple les yeux du chien et du jeune homme, d'ailleurs comédien exceptionnel), tout est remarquable.

Le 24 février
Cela fait 2 ans pile que l'armée russe a attaqué l'Ukraine.  2 ans de souffrances de populations qui, avec leurs différends et leurs différences, ne s'attendaient sans doute pas à tant de pertes, de morts et de vaines souffrances. Mais il y a désormais, comme la plupart du temps en temps de paix et comme toujours en temps de guerre, propagande plutôt qu'information. Il ne s'agit pas de croire tel ou tel camp mais d'essayer de voir où cela mène, et force est de constater qu'à part plus de souffrance, on ne voit pas d'issue prochaine pour les peuples, c'est-à-dire en termes plus ordinaires "pour les gens". Qui souffrent. Qui n'ont qu'une vie ici-bas et qui la perdent à des combats qu'iels n'ont pas choisi ni voulu pour la presque totalité d'entre eux et surtout d'entre elles. Pourquoi les USA (qu'on appelle bizarrement "occident") tiennent-ils à étendre leur influence mercantile jusqu'à l'est de la mer Noire ? Pourquoi la Russie du dictateur n'a-t-elle pas préféré une entente cordiale avec le grand voisin trop convoité ? 
En tout cas les peuples souffrent, crèvent une fois encore, pour des prurits nationaux qu'on croyait éteints après la 1ère puis la 2e guerres mondiales. A moins qu"une fois encore le discours nationaliste ne soit qu'un paravent à la préférence des intérêts financiers de quelques-uns sur la vie des autres.
"Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?" chantait Brel.
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Dans la foulée de la commission européenne souhaitant réduire la dette, notre ministre de l'économie a annoncé un plan d'austérité d'une dizaine de milliards, touchant donc les services et programmes publics (hôpitaux, transports, enseignement...).

Le 25 février
les élections présidentielles devaient se tenir ce dimanche au Sénégal. Le président sortant (qui n'a pas l'air de vouloir sortir malgré ses allégations) les a reportées MAIS le conseil constitutionnel a invalidé ce report. 
Courageux conseil constitutionnel du Sénégal qui, malgré les incarcérations arbitraires d'opposants et les accusations fantaisistes les concernant, apparait comme ce qu'il doit être : le garant de la constitution, donc de la démocratie de ce pays, en dépit des coups de force que tente le pouvoir de monsieur Macky Sall - dont le prénom ne peut que faire penser au personnage de l'opéra de quatre sous.
Quant au conseil constitutionnel sénégalais, sa juste détermination pourrait servir de modèle ailleurs, où des entorses à la loi constitutionnelle sur les élections - présidentielles ou autres - ne sont pas forcément à écarter.
 
Devant l'ambassade d'Israël aux États-Unis, un citoyen états-unien nommé Aaron Bushnell (membre de l'armée de l'air) s'est immolé par leu feu pour protester contre l'action  conduite par l'armée israélienne à Gaza, action soutenue par son pays. Aucun des médias mainstream n'a évoqué cet atroce sacrifice. Ce qui ne fut le cas jadis ni pour les bonzes qui dénonçaient ainsi la guerre du Vietnam, ni à propos de Jan Palach après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du pacte de Varsovie.
 
Le 26 février : 3 bonnes nouvelles hélas très modestes.
1) Plusieurs syndicats lycéens se sont réunis puis unis pour n'en former qu'un seul pour apporter d'autres réponses aux inquiétudes de la jeunesse, que les évidences trompeuses que l'extrême-droite  assène. Réponse solidaire à la fabrication de boucs-émissaires.
2) Le concert néonazi de musique métal qui avait été interdit s'est tenu dans un village discret du Dauphiné devant......150 personnes. C'est réjouissant si le chiffre est bien représentatif de cette mouvance.
3)  Le Président de la République conspué au salon de l'agriculture. Il reste à donner un sens cohérent à cette jacquerie qui ferait regretter les temps chiraquiens.

Le 27 février : Bonne nouvelle encore : Brico-dépôt (mon correcteur me suggère "lombricompost") m'a félicité car j'avais créé mon compte avec succès, donc trois raisons de me réjouir : la création du compte, les félicitations qu'elle induit, et la débâcle de mon correcteur orthographique.

Le 28 février : encore une bonne nouvelle : j'ai touché ma paye.
Mais pendant ce temps-là, les bombes tombent toujours sur l'Ukraine et Gaza.
Dans ce contexte tragique, février le terrible s'accorde cette année une journée supplémentaire.

Le 29 février : ces jours derniers, notre président avait évoqué l'envoi de troupes françaises au sol pour soutenir l'Ukraine. Il avait ainsi beaucoup inquiété ses amis européens qui s'étaient tus ou désolidarisés de cette initiative inattendue. Mais il n'a pas inquiété le président russe Vladimir Poutine (dont le principal opposant vient de s'éteindre au goulag) qui a menacé l'Europe occidentale d'une frappe nucléaire si la proposition française devait être suivie d'effets. 
 
 Les bombardements de Tsahal (l'acronyme sympa de l'armée israélienne) ont tué 100 personnes lors d'une distribution de vivres par une ONG. L'armée ne nie pas les tirs mais attribue les cent décès aux mouvements de la foule : la foule des affamés aurait sans doute dû se tenir plus stoïque sous les bombes pour mieux leur échapper ?

Qui a dit que février est le mois le plus court et le moins courtois ? En cette année bissextile, olympique et paralympique (songeons aux futurs survivants des conflits), il a profité de sa journée supplémentaire pour concocter une belle épreuve d'escalade verbale dans le discours guerrier.

Heureuse transition vers le mois de...Mars.

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Pour mémoire 2

 

 Du 5 au 15 février : - Bombes au sud....
                                   - Bombes au nord...  
La RATP a déposé un préavis de grève mobile depuis ce 5 février jusqu'au 9 septembre.
 
Le 6 février : quatrième remaniement ministériel en moins de 2 ans : il parait que la constitution de la Vème République avait été mise en place pour éviter l'instabilité de l’exécutif. On se trouve aujourd'hui avec un gouvernement qui s'appuie sur une non majorité de parlementaires et qui, prétendument centriste, oscille entre la droite et l'extrême-droite pour faire passer des mesures antisociales. 
 
Hier huit membres du MODEM ont été condamnés pour avoir mis sur pied un système d'emplois fictifs : le trésorier, d'autres responsables éminents, mais le leader du parti est acquitté : F. Bayrou n'était pas au courant. Était-il mieux informé lorsqu'il était ministre ? 
[additif du 10 : le parquet a fait appel]
 
Mme. von der Leyen,  Présidente de la commission européenne, annonce le retrait du règlement sur les pesticides.


Le 7 février : - Bombes...4 mois de riposte israélienne depuis l'attaque du Hamas.
                      - Bombes...2 ans bientôt depuis la première offensive russe en Ukraine.
 
 
Total énergies a annoncé pour 2023 un bénéfice net voisin de 20 milliards. Le montant reversé aux actionnaires est trois fois supérieur à la part réservée à la recherche.
 
 
Le 8 février : non assez content de la cherté des biens de consommation, le gouvernement vient d'imposer aux fournisseurs d'électricité une hausse de 10% sur les taxes. 
 
Le 9 février : - Bombes...
                      - Bombes...
Tractage sur un marché de quartier populaire pour appeler à la paix. Nombreuses personnes qui s'arrêtent pour discuter  et livrer tantôt ce qu'elles ont sur le cœur, tantôt leur vision sur la politique internationale. Parfois des propos étranges, comme ce théoricien qui fait remonter à Pharaon la nature dictatoriale du régime égyptien...(???).
Si le Hamas et le gouvernement de Netanyahou  sont à parts égales rendus responsables du conflit, c'est vis-à-vis de l’Égypte que les critiques sont les plus vives - au plan humanitaire.
 
Ce même jour ma belle-fille a obtenu son permis de conduire.  

Le 10 février : - Bombes...
                        - Bombes...
Le nombre de gazaouis tués en représailles de l'attaque du Hamas du 7 octobre 23 s'élèverait autour de 28000 personnes, dont 21000 femmes et enfants. On dénombre 81 reporters / journalistes parmi les victimes.

Le 14 février : - Bomb...
                        - B...
Josep Barrell i Fontelles, vice-président de la Commission Européenne, s'élève contre la poursuite des frappes sur Rafah et demande ouvertement au gouvernement Netanyahou où il compte envoyer les gazaouis acculés à la frontière sud du territoire puisque ils n'ont nulle part où aller.
 
Les hommages se multiplient, y compris depuis les rangs de ses farouches adversaires, après le décès de Robert Badinter (95 ans) ex-ministre de la Justice à qui l'on doit l'abolition de la peine de mort et autres mesures humanistes sous la présidence de F. Mitterrand. On lui doit la dépénalisation de l'homosexualité : la loi établie sous le régime de Vichy n'avait pas été abolie auparavant.
 
Le 15 février : - ....
                        - ....

Grève jusqu'au lundi 19 février prévue à la SNCF.

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 Pour mémoire 1

 

Moins qu'une suite d'événements que d'abondants organes de presse (mainstream ou non) rapportent en écho, le Phil des actus se présente plutôt comme des réflexions ou rapprochements qui surviennent au hasard des informations reçues.

Toutefois, devant l'évolution rapide d'événements marquants, et la stagnation d'autres encore plus tragiques, je ferai de temps en temps le point sur la période  écoulée : on oublie vite comment les choses se sont passées. C'est ce rappel qui alimente cette "chronique", appendice factuel et subjectif au "Phil des actus".
 
Du 30 janvier au 4 février : semaine que couvre ce premier récapitulatif pour mémoire.
 
Le 30 janvier : - Bombes au sud de Gaza, plusieurs dizaines de morts selon le "Fatah" (malgré l'injonction de la CIJ de prévenir un risque de génocide dans le secteur).
                           - Bombes au nord de l'Ukraine (Kharkiv), chiffres contradictoires.
                      - En France des agriculteurs bloquent certains accès d'autoroute et visent d'accéder au marché de Rungis. Encercler Paris ? Le ministère de l'intérieur a ordonné d'empêcher par tous les moyens l'accès des engins à la capitale.
                          - Le 1er ministre G. Attal promet un assouplissement des normes, l'Europe y réfléchit.
                       - Il annonce une baisse sélective des allocations chômage et confirme le temps de travail (15 heures mensuelles) pour les bénéficiaires du RSA (600€). Prévoit de généraliser le Service National, et moins qu'une militarisation je crains une baisse sur le prétendu "coût du travail" avec tous ces gens qui travailleront gratis : rétablissement de la corvée en quelque sorte, qui se substitue au travail rémunéré...
                         - Il veut mettre fin à la loi  SRU : pas de mixité sociale dans les secteurs urbains...
 
Le 31 janvier :     - Bombes au sud de Gaza, 125 morts selon le "Fatah"
                             - Bombes au nord de l'Ukraine.
                      - Les agriculteurs continuent. Le syndicat majoritaire récrimine contre l'Europe pour s'affranchir des contraintes environnementales, d'autres représentations fustigent les contrats de libre échange et le saccage des territoires.
                         - Grève des enseignants annoncée pour le 1er février. 
 
Le 1er février : - Bombes au sud de Gaza.
                         - Bombes au nord de l'Ukraine.
                   - Hors série du Monde Diplomatique (Manières de Voir) sur Israël et la Palestine. 
                      - Au soir de ce jeudi, le gouvernement a satisfait les revendications de la F.N.S.E.A. qui appelle à suspendre l'action musclée entreprise. Mais tous les autres groupements, qui veulent des paysans dignes, correctement rémunérés pour leur travail et qui ne détruisent pas l'environnement, sont encore plus insatisfaits. Au moins les données sont clarifiées et le mouvement moins écartelé.
                         - Ce même soir, les enseignants grévistes sont estimés à plus de la moitié (45 à 65% selon les sources et les secteurs. Du jamais vu depuis des décennies.
                        - Des lycéens ont également débrayé pour exiger l'abolition de parcoursup et d'autres mesures... 
 
Le 2 février :   -   Bombes au sud de Gaza.
                        -   Bombes au nord de l'Ukraine. 
                     -   Fait rarissime : un recteur (celui de l'académie de Paris) démissionne. Il avait acté un projet sur les classes préparatoires (aux grandes écoles) visant à plus de mixité sociale, projet que la ministre a soumis à un moratoire.
Or ce recteur avait été chef de cabinet du ministre Blanquer (mon correcteur d'orthographe me suggère "planquer"), ce n'est donc pas un opposant à l'actuel gouvernement. 
 
Le 3 février : - Bombes au sud de Gaza.
                      -   Bombes au nord de l'Ukraine.
                      - Cessation programmée du financement de la principale ONG humanitaire de Gaza (UNRWA) par les USA et d'autres pays occidentaux dont la France. Dans le même temps cette ONG est proposée pour le prix Nobel de la Paix et J. Biden prend des mesures contre les violences de colons extrémistes en Cisjordanie.
                - Le 1er ministre a résorbé les blocages de la FNSEA en cédant aux revendications les plus réactionnaires : nouveaux OGM, suspension du plan de réduction des pesticides, réduction des délais de recours (donc de la possibilité de s'opposer) face aux projets de méga-bassines et d'élevage industriel, etc...
 
Le 4 février :     - .....
                          - .....
                      - C'est le dernier jour de "l'autre festival", 5ème édition d'un "festival des livres" en Avignon. Après Ségolène Royal entendue hier, assistons à une conférence de Mme. Naudin et M. Bilheran à propos de leur livre : Police : la loi de l'omerta paru aux éditions du Cherche Midi. Réconfort de l'existence de lanceurs d'alertes dans un contexte hostile, mais aussi découragement devant le fait que tous ces engagements pour que le monde change se heurtent à toujours plus de déni, de caricatures malveillantes, de violences et de TINA (There is no alternative) des pouvoirs en place, qui jusqu'à présent finissent par ostraciser les personnes qui font la nation et dénaturer le langage jusqu'à la perte du sens ordinaire des mots démocratie, sécurité, progrès ou avenir : qu'est-ce qu'envisager l'avenir lorsqu'il n'y a pas d'alternative, sinon du désespoir ? Qu'est-ce que le progrès dans le désespoir ? Qu'est-ce que la sécurité quand elle consiste à promener sur le territoire des forces nombreuses de police, de gendarmerie et autres militaire, et perfectionner les fichages généralisés, qu'est-ce que la démocratie quand le pouvoir s'oppose à 80% de la population, comme ce fut le cas sur les retraites ?
 

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